Grand Dialogue national : la forme de l’Etat s’invite dans les débats 

Après l’ouverture, la deuxième journée du GDN a été marquée par d’intenses débats.  La commission numéro 8, celle de la décentralisation et le développement local, a souvent retenu l’attention. Certains politiques revendiquaient des discussions liées au fédéralisme.

Au troisième jour de dialogue, l’on peut d’ores et déjà dire que cet échange national va marquer les esprits. Ce 1er octobre, la question du fédéralisme s’est invitée dans les débats du grand dialogue national au Cameroun.

Selon l’AFP, John Fru Ndi, leader du Social Democratic Front (SDF) a appelé au retour à un fédéralisme à deux Etats, tel qu’il se présentait en 1961. Le chairman a menacé de « se retirer du dialogue » si les propositions de son parti politique sont ignorées.        

 Je sais ce qui se passe sur le terrain. Je vois comment vivent les gens, comment ils réagissent. Il ne faut pas donner de solutions qui ne vont pas répondre à leurs attentes. Si on fait quelque chose aujourd’hui qui ne donne pas la vraie solution du problème, le problème va continuer », ajoute Cornelius Esua, archevêque de Bamenda.

Pour Patrice Amba Salla, ancien maire du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) et ancien ministre, il faut plutôt mettre en œuvre la décentralisation telle que le prévoit la Constitution de 1996, ce qui n’a pas été fait jusqu’à présent.

Il ne faut pas qu’une partie de nos populations décident que parce qu’ils sont mal à l’aise, il faut qu’on coupe le pays en trois. À cette allure-là, chacun va venir revendiquer une partie de son pays et on ne peut pas l’accepter », déclare-t-il en précisant que mot « sécession » a été prononcé « pour dire qu’on n’en veut pas ».

Premiers désistements

Après l’ancien bâtonnier Akéré Muna, Alice Sadio de l’Alliance des forces progressistes (AFP) a claqué la porte à son tour. « Ce grand dialogue n’est qu’un grand monologue hypocrite. Nous ne sommes pas venus pour manger des petits gâteaux », a-t-elle déclaré. L’ancien député de Douala, Jean-Jacques Ekindi, est également reparti.

Je n’ai pas ressenti la magie du dialogue », explique-t-il.

La veille, Ibrahim Mbombo Njoya, sultan de Foumban avait pointé du doigt l’alternance au pouvoir. 

Le porte-parole du grand dialogue national, George Ewane, récuse ces critiques. 

 Les commissionnaires n’ont pas été désignés, ils ont été élus dans la salle et le Premier ministre a indiqué que les membres de la commission ont le droit d’aller dans n’importe quelle commission, affirme-t-il. C’est un faux débat. Nous sommes camerounais. Nous ne sommes pas ici pour faire la politique. Nous sommes là pour trouver des solutions aux problèmes qui minent nos deux zones anglophones dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest ».

 Les travaux en commissions se poursuivent ce mercredi 02 octobre 2019, au Palais des Congrès de Yaoundé.    

 

 

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